Le bilan psychologique

Qu’est ce qu’un bilan psychologique ?

Pour l’enfant, c’est une évaluation  faite à partir d’une observation psychologique associant un test psychométrique – qui évalue les capacités intellectuelles de l’enfant – et d’un test projectif qui observe la maturité affective de l’enfant. Seuls les psychologues cliniciens sont habilités à faire passer ces tests car leur validité tient en majeure partie au strict respect des conditions de passation. Il est souvent souhaitable d’être également en contact avec l’école et les autres professionnels intervenants (orthophoniste, psychomotricien, médecin) pour avoir une vision complète de l’enfant. Quelle que soit la demande, ces tests ont lieu après une séance d’anamnèse où on fait connaissance avec un point sur l’histoire de l’enfant et son developpement psychomoteur. Quels que soient leurs résultats, il s’avère que ces tests ont toujours un impact positif pour l’enfant. D’une part la séance d’anamnèse permet déjà à l’enfant de faire lui-même le point sur son histoire, de se situer dans l’histoire familiale, de comprendre à quel point ses parents l’aiment, d’entendre différemment leurs inquiétudes, d’être rassuré par l’accueil positif du psychologue. Le test lui-même est une série de petits jeux qui lui permettent à la fois de s’amuser et de se valoriser. Les tâches sont très variées et font appel à différents types de raisonnements, de perception ou de logiques. En cas d’échec, on ne reproche rien ni n’insiste pour avoir des résultats. On l’accepte tel qu’il est. De même, le bilan fait aux parents et à l’enfant permet de comprendre et dédramatiser une situation délicate, d’envisager des solutions et un nouveau mode d’accompagnement.

Le test psychométrique est un test d’efficience intellectuelle (appelé encore récemment test de Quotient Intellectuel ou QI) qui mesure les possibilités cognitives de l’enfant selon différentes formes d’apprentissage en les comparant à la moyenne des enfants de son âge : niveau de raisonnement verbal, raisonnement conceptuel, mémoire auditive de travail, vitesse selon le type de tâches etc. Ce test mesure un potentiel à un moment donné. En aucun cas il ne peut être utilisé comme une mesure définitive et strictement objective et il n’a pas de sens sans explication: des notes brutes ne peuvent pas être interprétées hors du contexte, sans comparaison les unes aux autres, sans une discussion approfondie avec les parents et l’enfant avant et après le test et surtout sans une observation empathique de l’enfant pendant la passation du test. Un enfant anxieux, extrêmement timide ou agité ou en opposition n’aura pas les résultats correspondant à son potentiel mais nous pourrons noter l’impact de l’émotionnel sur les performances le jour du test. De même, ce test n’évalue pas l’intelligence émotionnelle, sociale et créatrice mais une bonne observation permet de les déceler.  Par ailleurs, ce sont les dysharmonies entre les différents résultats qui sont les plus significatives et elles ne peuvent autoriser une moyenne entre des chiffres souvent hétérogènes. Enfin, il est certain que la qualité de la relation avec l’examinateur est déterminante et que l’enfant n’aura pas la même qualité d’attention que dans un contexte scolaire ou familial. C’est pourquoi on ne donne plus de résultat chiffré sous forme de QI mais plus volontiers des équivalences par rapport à une moyenne d’âge selon les échelles.

Le test d’efficience le plus utilisé et le plus valide aujourd’hui est le WISC (Le Wechsler Intelligence Scale for Children) pour les enfants entre six ans et seize ans et 11 mois. Nous utilisons depuis janvier 2017 la dernière version, le WISC V. A partir de 17 ans, on fait passer la WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) qui est l’équivalent du WISC pour adulte. Le WISC permet d’analyser les différents types de fonctionnement intellectuel et d’apprentissage de l’enfant avec des notes composites, sans faire appel directement à l’écriture ni à la lecture et en identifiant les points forts et les points faibles. Par rapport au WISC IV qui est encore le plus pratiqué, cette version s’adapte aux évolutions culturelles et technologiques. Il permet d’évaluer rapidement un niveau de performance global et un Indice d’Aptitude Générale, puis, en fonction des difficultés de l’enfant et de ces premiers résultats, on peut affiner l’analyse des stratégies de traitement de l’information avec d’autres subtests qui permettent d’obtenir des indices plus complexes que les tests précédents. C’est pourquoi le WISC V demande parfois une seconde seance de passation.

L’analyse des résultats chiffrés ne peut se faire qu’associée à  l’observation du comportement de l’enfant pendant le test afin de cerner l’impact de l’anxiété ou de l’affectivité sur ses difficultés. Il est particulièrement intéressant d’analyser l’hétérogénéité des résultats qui peuvent correspondre à des types précis de fonctionnement intellectuel, de troubles affectifs ou de pathologie. Elle permet de constater à quel point le cerveau est doué pour compenser certaines faiblesses en développant naturellement d’autres capacités, tout en montrant les domaines à renforcer.

La passation du test dure en moyenne 2 à 3 heures, parfois plus, selon le niveau de l’enfant et son état de fatigue ou de stress, ou autre.  Il est parfois préférable de faire le test en plusieurs séances. La correction prend en moyenne 5 heures. Personnellement, je discute toujours un premier projet du bilan avec les parents avant de finaliser un bilan définitif avec l’accord des parents qui sera envoyé à l’école, au médecin ou ailleurs. Les parents apportent toujours des éléments explicatifs et répondent à des questions sur les habitudes de fonctionnement de l’enfant qui permettent de  bien mieux comprendre et analyser les résultats. Il est également utile d’avoir une conversation avec l’enseignant ou l’orthophoniste pour mieux comprendre les résultats du test.

Certaines écoles demandent le seul QI, d’autres administrations demandent le bilan du WISC (notamment pour accepter de donner des tiers-temps complémentaires aux examens aux enfants dyslexiques). Pour un bilan psychologique complet,  il est souhaitable d’accompagner le test d’efficience d’un test projectif pour avoir une vision plus globale de l’enfant, se rendre compte de l’impact de l’affectif sur l’intellectuel,  identifier la nature de certains blocages ou conflits émotionnels ou évaluer la gravité de certains symptômes. Parfois, la question des moyens financiers ne permet pas malheureusement pas de le faire. On appelle ce test ‘projectif’ car l’enfant projette ses problématiques inconscientes sur le jeu proposé. De fait ces tests sont déjà un outil thérapeutique car ils permettent à l’enfant de se soulager de certaines tensions et de prendre conscience de certaines questions. Il est souhaitable de faire passer un test projectif lorsque l’enfant et le psychologue ont déjà pu construire  une relation de confiance. Personnellement, je tiens à accompagner le plus possible l’enfant sur ces tests pour ne pas le laisser seul face à une problématique douloureuse. De plus je préfère lui en faire passer deux différents pour aborder différentes dimensions affectives.

Le bilan aux parents et à l’enfant est crucial. Selon l’âge et les résultats, on décidera ensemble avec les parents comment procéder.  C’est l’occasion de soulever des hypothèses interprétatives simples et de réfléchir ensemble au tableau développemental de l’enfant pour en dégager les éléments dominants, approfondir le projet de bilan et l’adapter aux personnes à qui il est destiné. Surtout c’est le moment où on peut dédramatiser et commencer enfin à comprendre une situation douloureuse ou un comportement complexe, grâce à des résultats scientifiques qui  permettent de sortir du cadre angoissant de l’affectif.

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Pour les enfants à Haut Potentiel (on ne parle plus du tout de ‘surdoué’ et de moins en moins de précocité), le bilan du test psychométrique est essentiel pour être enfin rassuré sur sa différence et apprécier ses capacités, pour avoir envie de découvrir ou d’approfondir ses passions tout en comprenant mieux ses quelques faiblesses, les accepter et pouvoir travailler dessus.  Ce bilan sert de base de discussion avec les parents pour comprendre, proposer des outils et envisager des solutions. On arrive à mettre des mots et même des chiffres sur les questions et les doutes emmagasinés depuis toujours. Enfin, on comprend mieux d’où vient cette hypersensibilité caractéristique. Enfin, on se sent compris et on peut approfondir toutes ses questions en demandant conseil à des spécialistes. Il existe beaucoup de littérature sur le sujet qui peut être très utile (voir Liens et Lectures utiles).  

 

Pour l’adulte, le test psychométrique (WAIS) qui permet d’évaluer l’efficience intellectuelle est plus souvent recommandé en cas de Haut Potentiel. Cependant, je ne fais pas passer ce test et peux renvoyer sur des collègues. En effet, même si on ne souhaite plus vraiment donner un résultat sous forme de QI, la meilleure compréhension de ses différentes fonctions mentales en comparaison avec la population générale apporte un immense soulagement. L’expérience professionnelle et personnelle permet également de rassurer, conseiller et orienter une personne qui se sent décalée par rapport aux autres, qui souffrent d’incompréhension, d’hypersensibilité et d’angoisses variées.

Je peux aussi proposer une évaluation psychologique pour les personnes qui se posent des questions sur leurs angoisses et symptômes et qui n’ont pas encore décidé de suivre une thérapie ou ne savent pas quel spécialiste ils devraient consulter: psychiatre, thérapeute spécialisé selon le trouble (cognitif ou comportemental, spécialiste dans les troubles de l’alimentation, hypnose, psychanalyse, art-thérapie, thérapie alternative etc.) ou psychothérapie intégrative. De par mon expérience au lycée français et mes nombreuses années à Londres, je peux référer à certains collègues spécialistes sur Londres. Je préfère voir la personne au moins une fois avant de renvoyer sur un collègue pour bien évaluer les symptômes et considérer ce qui convient le mieux.

Enfin, je peux également recevoir une personne qui s’inquiète pour l’un de ses proches afin de l’aider à comprendre, à réagir, à se protéger, à déléguer et/ou à prendre des décisions importantes telles que d’envisager un traitement médicamenteux ou un placement. Ou tout simplement l’aider à trouver les mots pour convaincre cette personne aimée et en souffrance d’accepter de consulter.